Que faisaient nos ancêtres Dassonville ?

 

 

On distingue trois métiers propres à la famille Dassonville descendant de Jacquemart Dassonville (Sonnevielle).  Celui de meunier - huilier "tordeur d'huile", que l'on découvre dans la famille depuis le XVI ème siècle et dont je parlerai ci-desous.

Celui de tisserand, filateur et fabricant d'étoffes que l'on retrouve début XIX ème siècle chez Alexis Dassonville et sa descendance française. L'histoire plus détaillée en sera évoquée dans la descendance de Jacquemart Dassonville (à venir)

Le troisième est celui de l'industrie cinématographique que l'on retrouve chez Louis-Josse Dassonville et sa descendance belge au  XX ème siècle.  L'histoire en sera également évoquée dans la descendance de Jacquemart Dassonville (à venir)

On retrouve aussi le métier de cordonnier sur quatre générations dans la descendance de Denis Dassonville de la région de Montroeul-au-Bois et Herquegies dans le Hainaut (branche non reliée à la mienne). J'ajouterai prochainement cette branche à ma base de données sur Géneanet. Je reste  néanmoins persuadée que Denis et Jacquemart viennent de la même souche.

 

 

DASSONVILLE "Au Grand Bock" à Lille
Il semblerait aussi que les Dassonville furent cabaretiers

 

 

 

N. DASSONVILLE à Namur (Belgique)
Quincallerie et Articles de Pèche

 

 

Les meuniers (minotiers et huilers)

 

Au sommet, au « son » du fief Delval, qui comprenait tout le terrain en cuvette (Delval, de la vallée) qui va du calvaire édifié au point culminant de la route de Mont-à-Leux à la frontière française actuelle du Tuquet, la famille Dassonville avait établi un moulin à huile.

Elle exerça, jusqu’à la Révolution, à Mouscron et aux environs, la profession de fabricant d’huile « olieur ».
Dans les actes notariés, il est souvent question de « moulin à faire et tordre huile ».

Nous voyons par un compte de l’église paroissiale de 1542-1543 que Jacques de Sonneville, bourgeois de Courtrai, reçoit 11 livres 16 sols 8 deniers « pour avoir livret l’olle (oleum, huile) de l’église pour ung an, servant devant le Saint Sacrement (Coulon, Histoire de Mouscron). Ce sont le premières traces des Dassonville olieurs.

Daniel Dassonville - Marlier, bourgeois de Courtrai, décédé en 1691, fut également censier et olieur.

Sont fils Pierre Dassonville exerça la profession de marchand olieur et fut bourgeois de Courtrai

 

Quittance du 3 décembre 1695 signée par Pierre Dassonville

Pierre Dassonville cognoy et confesse d'avoir reçu de Filippe Parmentier,

mestre esgligeur (maître égliseur, marguillier) de Mouscron,

la somme de 6 livres 8 sous et ce à cause de quatre lots (mesure équivalente à deux litres)

d'huile de colzat, le 6 descembre 1695

 

En 1638, Daniel Dassonville - Caudron était déjà propriétaire du moulin de Tombrouck à Luingne (Belqique)

André Dassonville - Mullier, (1680-1752) marguillier et receveur de la paroisse, signa en 1738 une autre quittance d’huile.

Pendant 300 ans, la famille eut l’honneur d’alimenter la lampe du Saint Sacrement de sa paroisse.

En 1724, La famille Dassonville revient s’installer à Luingne (Belqique)  venant de Dottignies et Jean-Baptiste Dassonville-Doultreluingne s'y investi avec succès dans la mouture des graines oléagineuses. Il fut censier et olieur au "Grand Moulin" de la  Malcense qui fut son fief.

En 1728, Jean-Baptiste paie à Luingne une taille de 12 cents pour son moulin à huile.

En 1731, il tenait en cense 4 cents d'héritage avec une maison, grange, four, fournil et moulin à tordre l'huile à Luingne. En 1739, il était "hollieur et pauvrisseur".

Succédant à la tradition familiale, ses fils Jean-François, Jean-Baptiste et Charles furent également olieurs.

Félix-Louis-Joseph Dassonville - Herbau (1767-1804), fils de Jean-François et d’Elisabeth Lampe, fut négociant en huile et probablement meunier.

Son fils, Félix-Louis Dassonville - de Slée (1801-1876) était propriétaire des Moulins de Courtrai et travaillait avec son fils Louis (1828-1906). Ce dernier épousa Irma de Saint Hubert fille d’un industriel dans la fabrication de meules pour les moulin au Moulin de Raules  dans les Cascatelles de Waulsort près d’Hastières (Belgique). A la mort de son beau-père Edouard de Saint Hubert, Louis s’occupa de la fabrication des meules et du moulin.

On retrouve donc des traces certaines des Dassonville minotiers et olieurs durant plus de trois siècles, de 1542 à 1876, date du décès de Louis Dassonville - de Saint-Hubert.

 

 

Les Filateurs

 

Les Dassonville sont à l’origine de la Société de "LA BLANCHE PORTE" en France.

 

C’est à la fin du XVIII ème siècle que nos aïeux établirent à Tourcoing, une filature de coton. La famille Dassonville-Dubar a continué l’industrie familiale. La plupart des autres familles se sont fait une place, un nom dans l’industrie lainière.

Alexis Dassonville et son épouse Louise-Victoire s’installèrent marchand-fabricant d’étoffes sur la Grand-Place de Tourcoing. C’est ainsi que le couple se lança dans l’aventure industrielle.

 

La Grand-Place de Tourcoing au début du 20ème siècle

La flèche indique la maison qu’occupèrent Alexis et Louise-Victoire Dassonville

La filature de coton est installée dans la cour en 1806

(Photo  - Médiathèque de Tourcoing)

 

En 1806, soucieux d’alimenter le tissage en fils de la meilleure qualité, ils créèrent, derrière leur habitation, une petite filature de coton de 864 broches et maîtrisèrent  peu à peu tous les stades de la fabrication et de la vente des tissus.

Son fils Martial épousa Justine Leplat, fille d’un filateur de laine cardée et de coton bien connu sur la place de Tourcoing. Avec son frère Charles il exploite un moment une filature de laine rue des Anges avant de monter sa propre filature de laine à côté de la filature de coton rue des Ursulines à Tourcoing. L’entreprise Dassonville Frères fut donc installée vers 1835.
Par son mariage, Martial devint le beau-frère de son cadet Louis, qui avait épousé en 1841, Hortence la soeur aînée de Justine.

Louis Dassonville - Leplat, se spécialise entièrement dans la filature de coton.
En 1864, une machine à vapeur de 60 chevaux entraîne les deux installations. On est loin du manège à chevaux du début du siècle.

En 1871, Emile Dassonville, fils de Martial, âgé de 27 ans,  se vit confier la gestion de cette usine flambant neuve, tandis que ses parents poursuivaient l'exploitation des établissements de la rue des Ursulines.

Justine, la veuve de Martial se lance en 1887 avec sa fille Marie-Hortence et son gendre Carlos Corman dans de nouvelles fabrications, des tissus d'ameublement et de la bonneterie. Fabricante à métiers et retordeur de fils de coton pour le tissage, elle alimente 30 métiers pour la tapisserie et 25 métiers à bras pour tricots laine et soie. Justine continue en  même temps à s’occuper de la filature de coton et rue des Ursulines, la machine à vapeur actionne quelques 8.580 broches (Archives Municipales Tourcoing –GIC38 patentes)

En 1885, la filature que gère Emile Dassonville - Wibaux (fils de Martial), rue Notre-Dame des Anges, fait tourner 13.128 broches de filature et 7.216 broches à retordre.
Grâce au plan cadastral et l’Etat de section de 1884, l’agencement des bâtiments de la filature du XIX ème siècle n’a plus de secret.

De ce long épisode de presqu’un siècle des filatures Dassonville, demeurent aujourd'hui deux témoins marquants : les bâtiments de filature et la maison qu'occupèrent, durant plus de vingt ans, Emile et Pauline Dassonville- Wibaux, rue d'Austerlitz.

Autre témoin marquant, L'usine de La BLANCHE PORTE dont les Dassonville sont à l’origine et qui commercialisera vêtements,  bonneterie ... mais surtout du linge de maison "du blanc", et dont le slogan fut "de notre usine à votre lit".  Elle se spécialisera ensuite dans la vente par correspondance concurrençant les usines de "La Redoute" et celles des "Trois suisses". Le catalogue Eté 1985 fut tiré en 6 millions d’exemplaire. (Histoire de La Blanche Porte depuis 1806"- Martine LEBLAN  - 1991).

 

Premier catalogue de Blanc 1934
Photo : Fond Blanche Porte

 

 

La race que Dieu a bénie, comme un arbre vigoureux, a multiplié ses rejetons dans notre cher terroir de Flandre française « montrant comme dit Bourget, la bienfaisance du séjour prolongé dans un même cadre de nature, de moeurs, de travaux et d’horizons » et la tradition familiale se maintient dans la famille Dassonville.

on Dassonville - Dubar (gendre d'un fabricant de tissus) et ses descendants continuèrent la profession de leurs aïeux. Il fonda avec son frère Victor le 15 décembre 1890, la "Sté Léon & Victor DASSONVILLE & C°", rue de l'Epine à Tourcoing.

La  nouvelle filature du Virolois fut construite en 1896. La Sté L & V Dassonville & C° fut  remplacée par la firme "DASSONVILLE-DUBAR" pendant quatre ans. La société en nom collectif "DASSONVILLE-DUBAR Fils" lui succéda en 1904.

 

 

Les industriels Cinématographiques

 

Léon-Josse Dassonville (mon grand-père) fut un des pionniers de l'industrie cinématographique en Belgique. A Bruxelles, il travailla à la cinémathèque de l'armée, ce qui lui donna le goût du métier.

En 1919, Léon-Josse Dassonville fonda à Bruxelles (Belgique), les Ets L.J DASSONVILLE, laboratoire cinématographique qui élu domicile chaussée de Waterloo à St-Gilles (Bruxelles). Une industrie du film naît alors en Belgique.  La principale activité consistait à la confection de titres que l'on intercalaient dans les copies muettes venant de l'étranger.

En mars 1922, un incendie détruisit  toutes les installations et Léon-Josse créa en 1923 avec son frère Louis, une Société en Commandite Simple au capital de 35.000 F. Ils achetèrent un terrain  à Forest (Bruxelles) au 135-141 rue Berthelot et  fit construire une usine moderne qui par la suite devint le premier laboratoire cinématographique en Belgique.

Passionné par la photo, il fit de nombreuses inventions, telle une machine semi automatique de sous titrage, une machine automatique de développement de films. Il inventa également un procédé de films en couleur bichrome.

Une Société séparée fut alors créée, la "S.A  DASCOLOR" (DASSONVILLE en couleur) et les premières copies Trichromes firent leur apparition. Le procédé fut breveté dans le monde entier. Pour la première fois, une actualité fut intercalée dans le Pathé-Journal en couleur. Le procédé Dascolor a été exploité jusqu'au 10 mai 1940.
La guerre et la mobilisation arrêta donc l'essor de la Sté Dascolor qui ne reprit plus ses activités après la libération de la Belgique, des procédés plus pratiques Agfacolor, Eastmancolor étant apparus sur le marché.

 

Action DASCOLOR

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Durant cette guerre, Léon-Josse mit au point, conjointement avec son fils aîné Jacques, un procédé de photo couleur sur papier, ce qui n'existait nulle part au monde. Leur procédé ne fut jamais exploité industriellement et le brevet fut pris par un de leur concurrent. Ils furent néanmoins les inventeurs de la photo "couleur".

Mon père, Jacques Dassonville inventa et breveta plusieurs procédés de fabrication. Il inventa une nouvelle pellicule de prise de vues en couleur ultra sensible, qu'il fit breveter et qui fut fabriquée par la Société GEVAERT. Le professeur Picard et son ingénieur l’ont utilisée lors de ses expériences sous-marines à bord du Bathyscaphe à plusieurs milliers de mètres de profondeur.

Jacques Dassonville inventa par la suite une machine à tirage à grand débit ultra rapide, qu'il construisit lui-même. Celle-ci était basée sur le principe nouveau d’immersion dans un liquide, procédé breveté dans les 24 pays principaux.

En 1979, il mit au point un nouveau procédé de copies de films couleurs qui a permis de développer l’exportation jusqu’à 72 % du chiffre, principalement vers l’Afrique.

En 1980, la société rachète une société concurrente en faillite, « SYNCHROFILM », et profite d’un apport de matériel neuf et moderne.

En septembre 1985, Jacques rachète une autre société concurrente, « TECHNIFILM » plus particulièrement spécialisée dans le sous-titrage des films. Celui-ci permet d’ajouter cette nouvelle branche d’activités, fort intéressantes en Belgique, pays bilingue.
Le cinéma cédant progressivement la place à la vidéo, la Société Anonyme L.J. DASSONVILLE fut mise en liquidation fin 1989, 70 ans après sa création.

Ses activités professionnelles amenèrent Jacques au poste d'Administrateur de la Chambre Professionnelle de la Cinématographie Belge et à celui de Président de la Section des Industries Techniques, représentant la Belgique à la Fédération Internationale et aux commissions paritaires. Son génie ne s'arrêta pas là, il mit au point et construisit un dispositif d'éclairage pour photos sous-marines.

Gérard Dassonville (mon frère) fit également carrière dans l'industrie cinématographique à Paris (à venir), tandis que son épouse Isabelle Sonck est secrétaire du réalisateur et producteur Roman Polensky. Leur fils Olivier Dassonville suit la tradition familiale (à venir).

J'ai moi-même travaillé en 1981 et 1982 à Cayenne (Guyane Française) pour le Circuit Cinématographique Elizé  propriétaire de nombreuses salles de cinéma dans les Antilles (Martinique, Guadeloupe, Haïti) et en Guyane.

C'est est assez pour dire que la famille DASSONVILLE est bien connue dans le monde du textile et du cinéma.

L'histoire des filatures et de la cinématographie Dassonville est plus compète dans la descendance de Jacquemart Dassonville .

 

 

La famille a toujours fait preuve d’un grand attachement à la foi catholique ? Paul Lestienne qui a pu, grâce à ses patientes et intelligentes recherches, remonter le cours de dix-sept générations de la famille pendant cinq siècles. Il se plaît à noter les preuves nombreuses qu’il a trouvées de l’esprit de foi et de charité de nos Pères.

Le grand désir d’Alexis Dassonville - Piat était d’avoir un prêtre parmi ses fils. Il le demandait instamment à Dieu qui l’exauça dans les générations suivantes. 

En 1917, le 7 Avril, un jeune soldat de la famille, volontaire de 19 ans tombait criblé de blessures sur le champ de bataille au Chemin des Dames, en faisant héroïquement son devoir ; il mourait le lendemain à l'hôpital de Soissons. Dès qu'il comprit que c'était la fin, écrit le major qui l'assistait, il offrit spontanément sa vie pour l'Eglise, la France victorieuse et la famille. Il avait compris les leçons de la race.