XIV - Louis-Joseph DASSONVILLE - de SAINT HUBERT

 

 

 

                   

Louis Dassonville (1828 - 1906) et son épouse Irma de Saint Hubert (1827 - 1891)

 

Louis-Joseph DASSONVILLE, premier enfant de Félix-Louis-Joseph et d’Adélaïde-Marie-Catherine de Slée, est né le 11 juillet 1828, au domicile de ses parents, rue de Buda  à Courtrai.

 

Extrait d'acte de naissance de Louis Dassonville
délivré par le Tribunal de 1ère Instance de Courtrai
pour son enrôlement au service militaire

 

Son certificat de Milice (pour agrandir le document, attendre et cliquer dans le coin inférieur droit)

Jeune homme, il travaillait à Courtrai avec son père Félix-Louis qui exploitait les « Moulins de Courtrai ».

S’étant rendu à Bouvignes pour y acheter des meules, chez Edouard de Saint Hubert, Louis fit la connaissance de sa fille Hermeline-Ambroisine-Irma que l’on appelait communément Irma, née à Waulsort au Moulin de Raules, le 27 novembre 1827. Le même jour, Edouard Gilain de Tirlemont fit la connaissance de Félicie, soeur d’Irma et il s’ensuivit un double mariage à Bouvignes le 5 août 1853.

Je m'étendrai un peu sur la vie d'Edouard de Saint Hubert qui fut mon arrière-arrière-arrière grand-père. Homme fort, très doux et très bon, il ressemblait à Henri IV. Il était surtout très original et il  joua un grand rôle dans la vie de son beau-fils, Louis Dassonville.
 

 

                

Edouard de Saint Hubert & Adélaïde Bauduin
mes arrières-arrières-arrières grands parents

 


Philippe-Joseph-Edouard de Saint Hubert, appelé communément Edouard, est né à Waulsort à la ferme de Lenne, le 27 août 1807 et décédé à La Plante (Namur) le 29 juillet 1892. Edouard se jeta à corps perdu dans les entreprises les plus hardies. Il fut industriel dans la fabrication de meules pour les moulins. Il fonda une société pour la construction et l'exploitation d'un immense moulin à vapeur. De là, il s'établit à Bouvignes et créa l'industrie meulière, après avoir découvert le silex dans les montagnes voisines. En même temps, il exploitait une ferme modèle à Guérin, entre Dinant et Philippeville. Il était également Président du comité agricole de Dinant.

Edouard avait épousé le 26 avril 1827 à Hermeton-s/Meuse, Adélaïde-Antoinette-Hermeline-Joseph BAUDUIN, très jolie fille de 17 ans. Elle était née à Hermeton  le 3 janvier 1810 et décédée à La Plante (Namur) le 30 mars 1902.
Edouard était un impétueux, un exubérant, un original. Ah ! C'était un hardi cavalier ! Voici comment il demanda la main de sa fiancée à ses parents. Il offrit de le faire à cheval, dans la salle même au rez-de-chaussée où se trouvaient ses futurs beaux-parents. L'offre fut acceptée, car on le connaissait capable de réussir ce coup d'audace. A l'heure dite, la famille était réunie dans cette salle, toutes fenêtres ouvertes. Edouard vint au trop, puis, d'un coup d'éperon et de bride, il enleva son cheval, qui bondit, traversa la fenêtre avec son cavalier et retomba fixe, immobile, frémissant sur ses quatre pieds, en plein centre de la salle. Descendant alors de ce fier animal, Edouard fit sa demande, qui fut accueillie au bruit des applaudissements de tous. Ce n'était pas banal !

Le couple a habité et exploité le moulin de Raules (moulin à eau), dans les Cascatelles de Waulsort près d’Hastières. C’est là que sont nées Irma et Félicie. Quand le moulin a été démoli, ils sont allés habiter la ferme de l’Abbaye à Hastières, où sont nés Héloïse, Aline, Marie et Edouard.

Louis Dassonville et Irma de Saint Hubert ont habité Dinant, puis le moulin de Bouvignes (à 2 km de Dinant) où, leur petite-fille Marie-Louise Adélaïde (Maria),  future artiste peintre, naîtra le 13 novembre 1855.

 

                   

Louis Dassonville & Irma de Saint Hubert

 

Le mariage de Louis avec Irma de Saint Hubert fut fatal à la famille Dassonville.

Edouard de Saint Hubert qui était un homme à grandes idées, eut l’idée de faire acheter par son beau-fils Louis Dassonville, un grand domaine au Fresnoy, près de Paris, que lui-même étant agronome ferait fructifier les premiers temps. C’était un très vaste domaine qui comportait des fermes, une brasserie, des terres de culture, un parc et même une chasse à courre. Il se trouvait aux environs de Paris, ce qui semble confirmé par les relations mondaines enregistrées à cette époque.

Au Fresnoy, les chasses étaient magnifiques. Le comte d’Haussonville vint y chasser ainsi que le ministre Emile Olivier qui était en France une personnalité politique et qui au moment de l’évolution connue sous le nom d’Empire Libéral, devint un des principaux ministres de Napoléon III. C’est lui qui, au moment de la déclaration de guerre de la Prusse, en 1870, prononça la phrase malheureuse qui détruisit définitivement sa carrière politique « Nous l’acceptons d’un coeur léger » ! La guerre perdue, il passa le reste de sa vie à essayer de démontrer qu’il n’avait pas dit la phrase qu’on lui reprochait, mais il faut l’avouer, sans grand succès.

Sa commission touchée auprès des vendeurs, Edouard de Saint Hubert s’éclipsa en Moravie avec sa petite famille après avoir fondé une société de capitalistes belges, pour l'exploitation de 17.000 hectares de forêts vierges de terres labourables.
Il y acheta le Château de Stettin (Szczecin) à la frontière de la Pologne et de la Tchécoslovaquie. Ce château existerait encore. Edouard aurait parait-il reçu des vendeurs du Fresnoy, une commission de 40.000 F pour son rôle d’intermédiaire.

Le Traité de Paris, en 1856, avait instauré deux commissions internationales chargées, l’une de décider les travaux d’amélioration de la circulation fluviale aux « Portes de Fer », dangereux défilé où passait le Danube, l’autre, d’établir les règlements de navigation nouvelle. Edouard de Saint Hubert s’est donc occupé de la réalisation du projet. Il avait projeté la canalisation du Danube, aux « Portes de Fer », que le gouvernement autrichien avait primé.

L’achat du Fesnoy dû, d’autre part,  avoir été conclu avec légèreté car on ne tarda pas à découvrir que le domaine était en fort mauvais état. Les terres étaient en friche et pour devenir rentable, cela demandait des investissements considérables qui dépassaient de beaucoup le revenu. Le minotier ne pouvait être qu’un médiocre agriculteur et finalement, cette acquisition se révéla extrêmement malheureuse.

Son père, Félix-Louis fut obligé de vendre les fermes flamandes pour renflouer le domaine français. Nous sommes très mal renseignés sur les causes exactes et la date du désastre final.

C’est vraisemblablement entre 1862 et 1869 que s’est passé cet épisode qui fut, en grande partie, la cause de la ruine totale de la famille Dassonville, compte tenu que nous connaissons la date du décès de Félix-Louis, survenu en 1876.

Edouard de Saint Hubert ne traîna pas en Moravie, après plusieurs années d'exercice, sa société fut dissoute. De retour au pays avec sa famille, il loua le château de la Maison Blanche, à Malonne, où Edouard y fit de la sculpture. Plus tard, il construisit une usine de matériel agricole à Orp-Le-Grand et y fit fortune. L’usine devenue très importante, existe toujours et la famille de Saint Hubert habite le château d' Orp-Le-Grand.

Edouard mourut à La Plante (Namur), le 29 juillet 1892, à quatre vingt-cinq ans. A quatre vingt-quatre ans, il nageait encore dans la Meuse à Namur, tenant d'une main une ombrelle, tandis qu'il faisait la planche et de l'autre un journal ! Le jour même de sa mort, il écrivait encore une lettre, sans jamais avoir porté de lunettes.
Adélaïde et lui, furent inhumés dans le caveau de la famille de Saint Hubert à Belgrade (Namur).

Louis revenu au pays avec sa petite famille habita une ancienne demeure au bord de la Meuse à La Plante (Namur). Il s’occupa alors lui-même de la fabrication des meules et du moulin d’Edouard de Saint Hubert.

Le moulin fut exproprié pour construire le chemin de fer, de Dinant à Namur.

La famille habita ensuite, rue du Président (externat du pensionnat des Soeurs de Marie), puis Faubourg St-Nicolas une villa isolée avec un beau grand jardin. Le Houyoux le traversait et passait en dessous de la route pour se jeter dans la Meuse. En vis-à-vis, il y avait le Casino de Loupoigne où l’on donnait des concerts et des fêtes.

Louis et Irma recevaient beaucoup. Ils donnaient de somptueuses « partys » dans le jardin où une grande tente était dressée. Irma qui avait un goût exquis et tant d’idées pour arranger les tables et les fleurs passait des jours à préparer ces réceptions. Les hommes jouaient aux cartes ou à la roulette, les femmes causaient entre elles, les enfants jouaient au croquet tandis que les jeunes filles et jeunes gens dansaient. Tout le monde s’amusait follement. L’hiver, ils organisaient des journées de patinage à glace sur la Meuse, suivies des traditionnels festins.

L’épisode se situe vers 1869, car c’est dans cette maison, en avril, que naîtra leur dernier enfant Maurice.

Irma organisait pour la jeunesse de grands pique-niques à Marche-les-Dames et dans les environs. Les provisions étaient apportées dans une petite charrette tirée par des chiens et tout le monde s’y rendait à pieds.

             

                                

Louis Dassonville & Irma de Saint Hubert

           

C’est au Faubourg St-Nicolas, que Louis acheta un terrain sur lequel il fit construire sa propre industrie ou il fabriquera et réparera des meules en tous genres. Son établissement, situé à Herbatte, sur un terrain qui joignait le chemin de fer, comportait des ateliers, des magasins, des hangars, le bâtiment abritant la machine à vapeur et la cour.

Louis possédait aussi des carrières à Warnant et à Temploux, d’où il extrayait la pierre  destinée à la fabrication des meules.

Son entreprise tournait bien et il du engager une nombreuse main d’oeuvre qualifiée. En 1864, il recruta de bons tailleurs de pierre qu’il payait 3.50 F la journée. Modestement, il avait commencé par construire un moulin à plâtre qu’il possédait à cet endroit. Une petite forge et un hangar étaient ensuite venus compléter son installation. En 1878, il emprunta pour s’agrandir. Une partie des anciens bâtiments fut démolie et reconstruite selon les nécessités de la fabrique de meules.

En 1880, il créa pour une durée de trente ans, la Société Anonyme pour la fabrication des meules belges et françaises de Namur, dont la raison sociale était la fabrication et la réparation de meules, le commerce de pierres, meules, ciments et plâtres et de tous les produits qui se rattachaient à ce type d’activité. Le capital souscrit était de 180.000 F, composé de 360 actions de 500 F. (Histoire des Moulins à Namur au XIX et XVème siècles - Adolphe & Jacques Prouveur)

Louis apporta son usine avec tout le matériel, les commandes spéciales, les contrats, les meules en stock, ainsi que ses carrières entièrement équipées. Il reçut 354 actions entièrement libérées, les autres actionnaires ne recevant qu’une seule action chacun.  Il possédait 37 meules en dépôt, réparties dans le monde entier, pour une valeur totale de 70.250 F. Quatre se trouvaient chez Fr. Wegner à Stettin en Moldavie, deux chez Astir à Leipzig en Allemagne, deux à Philadelphie, deux au Chili, deux autres à l’exposition de Melbourne, etc ...

Il gagna à diverses expositions de meules, un grand nombre de médailles honorifiques qui furent données après son décès au Musée de Namur.

Dans son magasin, il possédait des pierres provenant de Moulin, de Warnant, de Temploux, différentes espèces de Bonnamy, Californie, Nogent, Bouvignes, Presles etc ... Elles étaient de diamètres différents (0.55m, 1.10m, 1.25m, 1.55m) et de multiples origines (Bourgeois, Corenne, Jouarre, etc...) pour un total de 19.315,97 F. Le prix d’une meule variait entre 50 et 365 F. L’importance de cette entreprise et le nombre d’ouvriers qu’elle employait étaient certainement supérieurs à ceux de presque toutes les industries de Namur et des charbonnages. A noter que les établissements Materne et Finet n’existaient pas encore.

L’année suivante, en mars, lors de la réunion des actionnaires, il fut rappelé que l’hypothèque  qui grevait l’entreprise était à la charge de celle-ci. Au fil des années, de nouveaux actionnaires, dont la Banque namuroise apparurent et des actions changèrent de mains. On retrouve alors mention de la « Société L . Dassonville Fils et Jules Balat ».

En 1889, Louis ne possédait plus que 94 actions. Bientôt la création de minoteries marqua le déclin général de la meunerie et un ralentissement de l’entreprise. En outre, les techniques de la mouture évoluaient. Les meules étaient remplacées par des cylindres. Pour s’ouvrir à un nouveau marché, la société crée une nouvelle section, renouvelle son matériel, abandonne ses carrières et recycle son personnel. Malheureusement, le manque de capitaux l’empêchera de s’adapter à l’évolution et ce fut le déclin. Pour éviter une faillite, les actionnaires prirent la décision de liquider la société qui fut dissoute le 15 avril 1889 (Moniteur belge 1889, article n° 1268). Louis fut chargé de la liquidation des affaires sociales traitées antérieurement à la date de la dissolution.

 

Extrait du Moniteur n° 1268 de 1889

 

En janvier de l’année suivante, un industriel, Louis Sapin-Baivy, reprit la fabrique, renseignée au n° 41 du boulevard d’Herbatte.

En 1894, la machine à vapeur fut démontée et la fabrication cessa. En 1900 par contrat de société, le bien passa à la Société Anonyme de ciment Portland et carreaux. Abandonnés, les bâtiments tombèrent en ruines et furent démolis en 1908.

Louis décédera au Faubourg St-Nicolas à Namur le 27 avril 1906 à l’âge de 78 ans. Des hommages militaires lui furent rendus. Il avait été décoré pour ses meules le 7 mars 1881, « Chevalier de l’Ordre de Léopold II ».

 

Irma de Saint Hubert

 

Son épouse Irma était décédée à Namur au Faubourg St-Nicolas le 27 juin 1891 après une longue maladie.

Au décès d’Irma, Louis fit construire au cimetière de Namur à Belgrade une belle chapelle en pierres de taille, tel que les « gens biens » les faisaient au siècle dernier. Louis y fut également enterré ainsi que leurs enfants Georges, Eugène, Maurice, leur petite fille Germaine (fille de Louis et d'Elise Pennart) et plus tard, Maria.

J’ai retrouvé cette chapelle en 1996, mais la propriété a été reprise par la Ville de Namur, considérée à l’abandon, faute d’entretien. La famille ignorait que cette sépulture existait toujours un siècle plus tard.

Afin de récupérer la propriété de la concession qui était à perpétuité, nous avons été invités par la Ville de Namur à en effectuer les réparations. Plusieurs devis ont été demandés à des entrepreneurs depuis cette date.

Voici un extrait de la réponse de l’un d’entre-eux qui n'a certe pas manqué d'humour:

..... le monument « Dassonville - Saint Hubert » est en effet magnifique et branlant. La porte métallique a dû être très belle. J’ai osé la pousser au risque qu’elle ne me tombe dessus et me précipite la tête fendue parmi vos ancêtres !

A l’intérieur, ce n’est pas la cathédrale de Paris. La sobriété est de rigueur ; pas de Rembrandt ni de Raphaël, juste 2 chaises d’église sûrement volées dans une chapelle désaffectée par on ne sait quel héritier désargenté .... coût - 200.000 FB (5.000 euros).... ou demander au G I d’y placer une bombe en leur recommandant de ne pas éborgner les morts voisins...   (M de WALQUE).

Le coût de cette restauration étant excessif, la restauration n’a pu être entreprise par la famille et la ville de Namur en prévoit la démolition depuis plus de six ans, espoir de pouvoir conserver ce patrimoine familial encore de nombreuses années.

Du mariage de Louis et d’Irma sont nés 5 enfants : Georges, Maria, Eugène, Louis, et Maurice.

1 - Georges-Louis-Edouard DASSONVILLE est né à Courtrai le 8 juillet 1854 au domicile de ses parents, rue de Buda. Il décédera à Jambes (Namur), le 10 juin 1905 à l’âge de 50 ans. Georges fut retrouvé noyé, accroché à un piquet à la plage de Jambes où il habitait. Il portait sur lui une forte somme d'argent et aura probablement été dévalisé avant d'être noyé. Il fut inhumé dans le caveau de famille à Belgrade. Il était célibataire.

 

Georges Dassonville 1854 - 1905

 

2 - Marie-Louise-Adélaïde DASSONVILLE, l'artiste de la famille, celle que tous appelaient « Tante Maria », est née à Bouvignes le 13 novembre 1855. 

 

Marie Dassonville 1855 - 1942
Artiste peintre

 

Petite femme alerte aux yeux pétillants de malice, elle émerveillait tous ses neveux en peignant de ses doigts de fée, des fleurs en barbotine.

Elle habita à Namur depuis 1860, année où le moulin de Bouvignes qu’exploitait son père fut exproprié.

En 1880, elle suivit des cours de modelage, de peinture sur porcelaine et s’est initié à foule de procédés artistiques relevant de l’artisanat qui donnèrent matière à des oeuvres originales. Elle a ensuite suivi à l’Académie, les cours de peinture d’Auguste Dandoy et y reçut d’excellents conseils.

Maria habita, 12 rue de la Dodane à Namur. Au rez-de-chaussée, se trouvait son atelier, dans une véranda donnant sur la Meuse, encombré de bons vieux meubles et de tableaux. Il y faisait gai et ses toiles encourageaient  l’oeil du promeneur critique.

Sa maison était la caverne d’Ali-Baba, pleine de trésors : tableaux, poteries de grand feu, fleurs émaillées, cuirs repoussés, reliures de prix, bijoux, broderies et gobelins mirifiques, tout y trouvait sa place.

Ses fleurs et ses paysages sur porcelaine furent exposés en 1883 à l’Exposition Triennale de Namur. Son premier tableau à l’huile, des pavots, traités au couteau, fut exposé en 1886. Ce procédé de peinture au couteau était  sa spécialité et ne se pratiquait pas à l’époque. Elle exposa à Gand, Bruxelles, Liège, Spa ... Ses travaux d’art appliqué lui valurent de très nombreuses médailles. La province de Namur lui acheta un paysage qui fut brûlé dans l’incendie de l’hôtel de ville en 1914.

 

Paysage de Maria Dassonville

 

Maria connut de nombreuses inondations et dut à plusieurs reprises être hébergée chez des amis. Elle était fort sympathique, très gaie et aimée de tous. C’était un bout en train dans les soirées mondaines et les bals costumés. L’originalité de l’artiste lui fit gagner tous les premiers prix. Elle avait énormément de connaissances et voyageait beaucoup.

Plus tard, Maria habita Wépion, une petite maison au bord de la Meuse qu’elle baptisa « Sous les roches » et où elle resta quelques années. Pendant la guerre 1814-18 elle avait déjà habité le bord de Meuse à Wépion, à la villa de l’Espinette.

 

Atelier de la villa l'Espinette à Wépion

 

Elle fit régulièrement des séjours dans des châteaux où elle était invitée à faire de la peinture d’art, de la décoration de panneaux anciens et certaines restaurations.

Le 17 juin 1940, descendant dans sa cave pour s’abriter pendant les bombardements, Maria se cassa et se blessa fortement la jambe. Elle fut hospitalisée à l’Institut Ste-Camille et le même jour, son quartier fut bombardé par les allemands, sa maison brûla et s’effondra. Tout ce qu’elle possédait fut brûlé.  Ses souvenirs, objets d’art, tableaux d’artistes connus et les siens, ses portraits de famille, tout fut réduit en fumée ... mais tante Maria était vivante.

A St-Camille, où elle resta deux ans et y termina ses jours, le 24 avril 1942, elle ne perdit pas son temps. Elle fit des aquarelles pour ses amis et en profita pour préparer un merveilleux cadeau pour sa famille..., elle nous légua un trésor ..., trois petits cahiers dans lesquels elle  écrivit ses mémoires.

Les cahiers avec les souvenirs de la Tante Maria ignorés très longtemps, ont été retrouvés à Paris, chez sa nièce Julia Dassonville-Milhoud, après le décès de cette dernière. Ils ont été retrouvés dans un vieux cartable caché dans une cheminée. Ses cahiers sont aujourd’hui, chez son petit-neveu Jacques Dassonville à Leval-Trahégnies. J’espère de tout coeur, que ces cahiers illustrés de photos de famille seront toujours gardés très précieusement par nos descendants comme un merveilleux patrimoine familial.

Je ne m’étendrai donc pas plus longuement sur la vie de Maria Dassonville, car j’ai tenu à retranscrire intégralement les notes de ces cahiers en gardant le style et les expressions savoureuses de Tante Maria, nous faisant vivre l’atmosphère de l’époque. (page à venir avec de nombreuses photos)

 

Maria peignant le long de la Meuse

 

3 - Eugène-Gustave-Félix-Louis DASSONVILLE est né à Bouvignes le 22 octobre 1857, décédé à La Plante (Namur), le 20 mars 1897 à l'âge de 39 ans. Après avoir donné une leçon de bicyclette à sa nièce Julia, il fut prit de fortes douleurs abdominales et est décédé avant l'arrivée du médecin.
(D’après son acte de décès il est né le 22 octobre et d’après son image mortuaire, il serait né le 20). Il était célibataire.
Eugène avait déjà été fort éprouvé par la souffrance. Suite à un accident d'ascenseur à Louvain, il avait descendu 4 étages le long du câble et ses mains furent fortement brûlées et écorchées. Il fut soigné très longtemps par les médecins et les Soeurs de Charité.

4 - Louis-Edouard-François-Joseph DASSONVILLE - PENNART qui suit en XV

5 - Maurice-Emile-Eloy DASSONVILLE - TCHEVTCHENKO - DUPUIS, qui suit en XV

 

 

 

Vers Louis Dassonville

Vers Maurice Dassonville